L’Amour ouf : Un long travail récompensé
par Ambre Tytgat
Lors de la conférence de presse de « L’Amour ouf » au Festival de Cannes, Gilles Lellouche a présenté son film. Il confie que la production fut lente, mais sans douleur. Pendant dix-sept sérieuses, mais joyeuses années, il a pu concrétiser un film qu’il considère faisant partie d’un cinéma « absolu » et non cynique.
Grâce à la patience de ses producteurs Hugo Sélignac et Alain Attal, ce film d’amour et de violence a vu le jour. « Sans leur soutien, ce film n’aurait jamais existé », a déclaré Lellouche. Hugo Sélignac a décrit cette aventure comme « une histoire de kiff ». Pour lui, il ne s’agissait pas seulement de produire un film, mais de « vivre une collaboration intense avec toute l’équipe ». Le producteur a expliqué que ce projet leur tenait particulièrement à cœur : « On a tous cru en cette histoire, même dans les moments difficiles. »
« On ne peut pas aimer si on ne dit pas ce qu’on ressent »
Cela s’est étendu à l’écriture du scénario, qui a été effectuée en collaboration avec Audrey Diwan et Ahmed Hamidi. Diwan a déclaré : « Gilles avait une vision très claire de ce film. Cela a donné une direction forte au film. » Hamidi a également noté la « bienveillance et la liberté créative » du processus d’écriture, en ajoutant que l’équipe avait travaillé dans une harmonie rare.
L’essence de l’amour et de la violence, qui constitue le sujet du film, transparait dans le personnage de Clotaire, un homme coupable de fautes de jugement : « On ne peut pas aimer si on ne dit pas ce qu’on ressent », a déclaré Lellouche, soucieux de montrer les peines de Clotaire à mettre des mots sur ce qu’il pense. Ce parallèle entre les élans de tendresses et de violences a donné au film son ton particulier.
Le casting a également constitué un élément primordial du processus de création. Lellouche a choisi les acteurs Adèle Exarchopoulos et François Civil pour jouer le couple principal. « J’ai pensé à eux dès le départ », a indiqué le réalisateur. Exarchopoulos a pour sa part souligné l’importance de s’imprégner des scènes jouées par leurs homologues adolescents, Mallory Wanecque et Malik Frikah : « Cela nous a permis de donner une vraie continuité émotionnelle aux personnages. »
La musique, déjà à l’écriture, a été pensée comme essentielle. « Pour moi, la musique amplifie les émotions, c’est un moyen de plonger le public dans les moments de rêverie », a développé Lellouche selon lui la bande-son est une actrice à part entière.
Avec « L’Amour ouf », Lellouche et son équipe ont prouvé qu’une vision précise et une volonté de tous peuvent porter jusqu’au bout un projet, malgré les années et les obstacles. « C’était un long chemin, mais ça valait la peine », a conclu le réalisateur.